Delicioso e sensual de Fabiana Oliveira, adaptation française de Fanny-Pierre Galarneau

Prendre de l’eau, la déposer dans un bain-marie et fondre le chocolat au lait. Jusqu‘ici, le processus n’a rien de très original. La différence par contre elle est dans le produit final. Au lieu d’utiliser les formats habituels de boules de chocolat ou d’oeuf, une habitante du Morro do Urubu a décidé d’investir dans… les sucreries érotiques!
L’idée de travailler à son propre compte, raconte Cristina dos Anos (48 ans), a surgit lorsqu’elle a accouché de son premier fils, il y a de cela 18 ans. C’était une naissance prématurée et Christina a dû demander sa démission. Pour ne pas rester inactive, elle a décidé de lancer sa propre entreprise. « Ainsi, je travaille le chocolat depuis que mon fils est petit. Quand il avait dix mois, son père est parti, j’ai dû tout prendre en charge moi-même.» se rappelle-t-elle. « J’ai monté mon propre kiosque et commencé à y vendre différents produits comme les sucreries. »
Cristina travaille le chocolat depuis 18 ans
Grâce à ce revenu, Cristina achète une maison à Araruama, [n.d.l.t une petite station balnéaire située à 150km de Rio de Janeiro] un terrain a Jacarepagua [n.d.l.t dans le nord de la ville] et inscrit ses deux fils dans un bon collège. Bénéficiant d’une clientèle fidèle , elle décide de se risquer sur un nouveau marché : celui des chocolats érotiques. « C’est une jeune fille du collège qui m’a donné l’idée. J’ai commencé à les vendre depuis environ 7 mois et cela donne déjà des résultats satisfaisants. Je vend les petits, les vides à 1R$, les pleins à 1.50R$. Les prix varient selon de la grandeur.
Et ce ne sont pas les consommateurs qui manquent! A force de mouler des organes sexuels féminins et masculins ou les positions érotiques des couples, Christina a fini par perdre la notion de la quantité de chocolat qu’elle vend chaque semaine. « Les gens les achètent comme présents d’anniversaire, de mariage, cha-de-panela [n.d.t: événements variés où invités offrent des présents - naissance, fiançailles] ou même pour les déguster au quotidien. Je réussis à en vendre beaucoup dans ma communauté comme à l’extérieur. Le chocolat est d’ailleurs délicieux et le secret c’est que je le fabrique avec amour comme si je le préparais pour ma propre famille. ».
Un bon revenu et beaucoup de plaisir…

Christina travaille le chocolat depuis 18 ans
Résidente du Morro do Urubu depuis son enfance et étudiante, Camila Parente, 18 ans, a vu dans les sucreries érotiques de Christina un moyen d’accroître ses propres recettes financières. Elle en a acheté quelques uns, elle a aimé et a entrepris d’en distribuer à ses amies du collège. Succès immédiat! « Elles ont adoré et elles voulaient que j’en apporte davantage. Au début, j’étais très embarrassée mais aujourd’hui c’est terminé, je les distribue comme si c’était un jeu » dit Camila.
Cinq mois plus tard, Camila vend près de 60 sucreries par semaine et les demandes affluent. Elle évite la vente directe dans les salles de classes mais malgré ça, elle ne manque pas d’anecdotes à raconter. « Une fois, ma professeur m’a dévisagée en brandissant un bonbon en forme de pénis. J’était très intimidée. mais j’ai rapidement mis au clair la situation et tout s’est vite résolu. Un autre jour, un travailleur de l’imprimerie a acheté une « petite grenouille » en chocolat et a commencé à « s’amuser » avec la sucrerie mais finalement sans mauvaises intentions…

Camila a augmenté son revenu
De son côté, Gisèle Souza (24 ans) enceinte de 7 mois et mariée depuis cinq ans, est adepte de ces gadgets pour échapper à la routine. Elle trouve le « chocolat sexuel » bien plus délicieux que le chocolat normal. « J’adore tous les types de chocolat, mais l’érotisme est toujours profitable pour réchauffer une relation. J’aime innover parce que je me sens bien et plus désirable. C’est important parce qu’après beaucoup de temps passé avec la même personne, sans nouveauté, ça devient embêtant. »